hoangvinh

hoangvinh’s Blog

Archive for the ‘J'aime la Chine’ Category

Dictionnaire chinois le “Grand Ricci”

Đăng bởi Hoàng Vinh on Tháng Năm 26, 2007

Voici la présentation du plus gros dictionnaire encyclopédique chinois-français le Grand Ricci.

Préface

En mai 1601, Matteo Ricci obtenait de l’empereur Wan-li 萬曆 (1573-1620) la permission de s’installer à Pékin, ainsi qu’un terrain situé au sud-ouest de la capitale. Ricci et ses compagnons jésuites étaient en quête de pareille autorisation depuis leur entrée en territoire chinois, en 1583. Le dialogue Chine-Occident qui prend forme à ce moment précis de l’histoire ne s’interrompra plus. Il repose, en son principe et son commencement, sur l’écoute, la patience, le respect. Le long cheminement de Matteo Ricci nous le rappelle : il n’y a pas de raccourci à la rencontre. L’apprentissage d’une langue comme celui d’une culture exigent toujours patience, humilité, souplesse. L’entrée dans la densité humaine des cultures est une aventure dont les avancées technologiques ne nous feront pas faire l’économie, et les avancées technologiques elles-mêmes peuvent parasiter la rencontre si nous croyons qu’elles rendent superflues la patience qu’elle exige. C’est sur cette conviction que les Instituts Ricci de Paris et Taipei ont bâti leur mission et leur travail, c’est dans la fidélité à cette patience de principe qu’ils ont mené à terme l’entreprise de ce Dictionnaire.

Le Grand Dictionnaire Ricci est une œuvre dont l’histoire mériterait d’être narrée pour elle-même. Ce n’est point l’objet de cette préface que de compléter pareille narration. Il ne sera mentionné ici que les faits qui permettront au lecteur d’entrer dans une intelligence plus profonde de l’outil dont il dispose. À l’évidence, un dictionnaire n’est pas une compilation indifférente. Le matériau qu’il organise est le résultat de choix, quelquefois non exprimés, qui en déterminent la substance et la forme. La Préface aidera le lecteur à apprécier de manière tout à la fois plus savoureuse et plus critique l’ouvrage qu’il tient en mains.

L’histoire du Grand Dictionnaire Ricci nous livre un témoignage exceptionnel de persévérance. Dans l’`histoire courte’ si l’on ose dire, le « Ricci » est en effet le résultat de plus de cinquante ans de labeur accompli par des jésuites et des chercheurs associés. Dans l’histoire longue, la passion des jésuites pour la langue, la littérature et la culture de l’Empire du Milieu s’est vite traduite par l’édition de travaux lexicographiques. Le premier dictionnaire chinois-français (le Dictionnaire de la prononciation chinoise et européenne ) est l’œuvre du jésuite Nicolas Trigault, en 1626. En 1884, le père Séraphin Couvreur publie le Dictionnaire français-chinois contenant les expressions les plus usitées de la langue mandarine , un volume de 1 026 pages. Au tournant du XXe siècle paraîtront successivement le Dictionnaire chinois-français (1890), le Petit dictionnaire chinois-français (1903), tous deux réalisés par le père Couvreur, et le Petit Dictionnaire chinois-français (1904) du père Auguste Debesse. En 1904, le père Couvreur publie une édition révisée de son ouvrage de 1890 sous le titre de Dictionnaire classique de la langue chinoise , cette version comprenant 21 400 caractères chinois. Ce volume, ainsi que celui des Caractères chinois : étymologie , graphies, lexiques (1899), par le père Léon Wieger, sont, en quelque sorte, les ancêtres directs du Grand Dictionnaire Ricci . L’année 1936 voit la parution, au beau milieu de la tourmente que traverse la Chine, du Vocabulaire des sciences mathématiques, physiques et naturelles du père Charles Tarranzano, publié en deux forts volumes.

Durant la guerre sino-japonaise (1937-1945), les pères André Deltour et Henri Pattyn, entreprennent la rédaction d’un dictionnaire analogique ainsi que d’autres travaux lexicographiques. À la même époque, un jésuite hongrois, Eugene Zsamar, conçoit un projet grandiose : la rédaction d’une base de données lexicographiques à caractère encyclopédique entre le chinois et cinq langues, à savoir le hongrois, l’anglais, le français, l’espagnol et le latin. Un projet qui n’aurait peut-être même pas connu un commencement d’exécution sans les loisirs forcés des missionnaires expulsés de Chine à partir de 1949. À cette date justement, les pères Zsamar et Deltour se retrouvent à Macao, accompagnés d’un stock de deux cents dictionnaires et lexiques, qu’ils ont sauvé de la tourmente (1). Le fichier primitif sera fondé sur le Guoyu Cidian 國語辭典 , le Cihai 辭海 et le Ciyuan, ensemble enrichi par les apports des dictionnaires de Matthews, Wilhelm et Rüdenberg, et d’autres dictionnaires anglais-chinois. Cinq équipes linguistiques se mettent au travail, à Macao d’abord, puis à partir de septembre 1952, à Taichung, au centre de Taiwan (2). Une vingtaine de jésuites (3), assistés par une équipe de collaborateurs chinois, se rassemblent autour de grandes tables tournantes sur lesquelles ont été fixés des pupitres à huit faces et deux étages montés sur roulements à billes, pupitres sur lesquels sont disposés les ouvrages de référence. Ce sont près de deux millions de coupures de dictionnaires collées sur fiches cartonnées et classées selon la romanisation Wade-Giles qu’ils rassemblent ainsi, un matériel encore conservé à l’Institut Ricci de Taipei. En novembre 1952, le père Joseph Motte décrit ainsi le commencement de l’entreprise :

« Un travail préliminaire a consisté à réunir en un fichier les matériaux contenus dans les meilleurs dictionnaires existants, soit chinois-européens, soit purement chinois. Pour cela, on a découpé et collé sur fiches les notices ou les traductions en français, anglais ou allemand de ces différents dictionnaires [...] On a d’abord réuni en les collant sur une fiche ou sur un paquet de fiches agrafées ensemble les notices ou les traductions relatives à un caractère ou une expression donnée. Ceci a donné un total de 300 000 fiches (ou paquets de fiches). Un premier triage a permis de réduire ce nombre à 180 000 en éliminant nombre d’expressions surannées ou de peu d’intérêt. Au cours du travail de rédaction nous opérons encore une sélection plus sévère, mais par contre nous introduisons d’autres expressions qui ne se trouvaient pas dans le fichier primitif, si bien qu’en fin de compte le chiffre total des expressions sera d’environ 180 000. » (4)

Il écrit encore, avec un bel optimisme :

« Nous aurons fait la moitié de l’ouvrage à la fin de l’année 1952. Maintenant que notre méthode de travail est définitivement arrêtée, nous évitons les tâtonnements inévitables au début d’une entreprise de ce genre. Nous prévoyons que, si les finances ne font pas défaut, une année suffira pour achever le manuscrit. Restera alors l’impression ». (5)

Dès l’année suivante, il s’avère que la méthode utilisée exige nombre d’aménagements. Le processus de révision sur la première mouture, entamé vers septembre 1954, montre très vite que la quasi-totalité des définitions de départ nécessite ajouts et corrections (6). D’une certaine façon, le père Motte n’avait pas tort: dès 1954, le matériau de base du Dictionnaire était, pour l’essentiel, rassemblé – mais c’était sa révision qui allait prendre près de cinquante années supplémentaires… Dans un témoignage personnel, le père Raguin écrit :

« Le groupe français donnait son texte qui pouvait servir de référence à chacune des autres équipes. Au bout d’un certain temps, le texte français revenait à ses auteurs. [...] Parfois surgissaient des problèmes difficiles à résoudre et des batailles qui pouvaient durer plusieurs jours. On avait alors recours aux assistants chinois qui, eux aussi, étaient bien embarrassés. [...] Le fruit de ce travail fut la mise en forme des cinq traductions dans des cahiers identiques (7). Sur la page de gauche, on imprima, avec les moyens du bord, simple polycopieuse et machines à écrire, les caractères chinois, les composés et leurs numéros d’ordre. La page de droite était réservée aux traductions. La version française comprend quarante volumes. Chacune des pages de droite était tapée à la machine à écrire, en cinq exemplaires, sur papier fin, pour pouvoir utiliser un papier carbone. Une fois reliés, deux volumes étaient conservés à Taichung, un exemplaire était envoyé aux Philippines, un autre aux États-Unis, et, pour le français, un autre à Paris. » (8)

En février 1956, Yves Raguin, devenu dans l’intervalle directeur des travaux, présente le Dictionnaire dans un article d’Études. Sur la question des délais, sa prudence lui inspire une formule habile :

« Quand cela finira-t-il ? Il paraît sage de dire simplement : il ne faudra pas plus de temps qu’il n’en a fallu pour amener l’œuvre au point où elle en est. Sauf imprévu, évidemment ». (9)

Le même article d’ Études livre quelques autres détails caractéristiques :

« De 8 heures du matin à midi et de 14 heures 30 à 18 heures, tout le monde est à son poste, comme des ouvriers à leur place le long d’une chaîne d’assemblage. [...] Commence la difficile tâche de la révision. » (10)

La lenteur soudaine des travaux, après l’effervescence des débuts, déconcerte les Supérieurs jésuites en charge du projet. Par ailleurs, le développement des activités apostoliques à Taiwan entraîne le départ de nombre de pères vers des champs différents. Les sollicitations extérieures se multiplient, à tel point que le père Raguin lui-même est envoyé, en 1959, au Vietnam. À son retour, en 1964, il doit d’abord faire face au décès du père Thomas Carroll, un jésuite américain dont les formations lexicographique et archéologique étaient des plus précieuses pour le Dictionnaire. Ce coup dur orientera le père Lefeuvre vers les recherches sur les inscriptions oraculaires – l’importance qui leur est donnée demeure l’une des caractéristiques principales de la partie étymologique du Grand Dictionnaire Ricci . Par ailleurs, c’est à cette époque qu’il faut se rendre à l’évidence : la masse imposante du « tapuscrit » ne se prêtait pas encore à la publication. Alors naquit le projet d’un lancement à trois étages, une idée qui demeurera le principe directeur du père Raguin tout au long des décennies suivantes : publier tout d’abord un « petit dictionnaire » de 5 000 à 6 000 caractères et d’environ 50 000 expressions; sortir ensuite un dictionnaire intermédiaire; et enfin couronner le tout du Grand Dictionnaire Ricci , dont on reporterait la publication sine die, pour en assurer une qualité maximale. De façon étonnante, ce projet a fini par se réaliser presque à la lettre. La parution du Dictionnaire français de la langue chinoise, en 1976, a permis d’assurer la continuité de l’entreprise. Le Dictionnaire Ricci de Caractères Chinois a bien joué le rôle de dictionnaire intermédiaire et de rampe de lancement pour la publication du grand œuvre. En même temps que démarrait ce nouveau projet, le père Raguin travaillait aux fondations de l’Institut Ricci de Taipei (créé officiellement en 1966), la structure qui allait être désormais en charge de la confection du Dictionnaire. Pour le père Raguin, le ralentissement de l’entreprise lexicographique permettrait d’en assurer une qualité accrue, grâce au travail sur des champs spécifiques, religions et culture chinoises en particulier, qui donnerait un enracinement plus profond au projet ainsi poursuivi.

La publication du Dictionnaire français de la langue chinoise, en 1976, première étape du nouveau projet, a dû beaucoup au père Joseph Motte. Il choisit, avec l’assistance de Monsieur Zhang Ke ming 張克明 (11), les caractères et expressions contenus dans le fonds du dictionnaire polyglotte, puis mena à terme l’entreprise de révision sur la base ainsi constituée. Le père Jean Lefeuvre fut le responsable de l’édition. Cette dernière étape s’avéra presque aussi pénible que la révision. Il y eut jusqu’à cinq corrections d’épreuves, et le processus total dura trois ans. Mais le soin apporté à ce premier Dictionnaire Ricci et la clarté de sa mise en pages contribuèrent beaucoup à son succès. Un dictionnaire identique chinois-espagnol, édité par le père Fernando Matteos, vit le jour un peu plus tard, suivi d’une version ronéotypée chinois-hongrois.

Plusieurs facteurs vont alors converger pour donner une figure différente au projet du Grand Dictionnaire Ricci. Tout d’abord, le père Claude Larre crée en 1971 l’Institut Ricci de Paris. C’est le lieu à partir duquel seront associés au projet un nombre croissant de sinologues français, progressivement invités à réviser le matériel réuni par l’équipe jésuite. Le fait que le projet du Grand Dictionnaire Ricci n’ait finalement abouti que pour sa partie française trouve son explication principale dans cet apport. Cette entreprise deviendra peu à peu un projet fédérateur de la sinologie française dans son ensemble. En second lieu, le soutien et l’intérêt de personnalités extérieures, en particulier de Monsieur Michel Deverge, alors conseiller culturel à Taiwan, permettent de mobiliser des financements nouveaux et d’organiser la recherche de fonds autour d’une structure, l’Association Ricci du Grand Dictionnaire Français de la Langue Chinoise, fondée à Paris en janvier 1987. À partir de cette date, les contributions des ministères français et taiwanais et celles de nombreux mécènes privés (la liste se trouve en tête du présent volume) viendront à l’appui du concours jésuite.

La fin des années quatre-vingt du XXe siècle et les progrès de la micro-informatique naissante vont permettre le recours à cet outil et donner une impulsion décisive à l’aboutissement final du projet. La décision d’informatiser le travail s’imposa d’elle-même à ce stade, et se fit sous l’impulsion du père Yves Camus à Taipei. Elle impliquait cependant que l’on puisse disposer de systèmes d’exploitation, de gestion de bases de données ainsi que de traitement de texte et de mise en page, tous capables de traiter les constituants de la langue française aussi bien que ceux du chinois. À une époque où l’informatique était encore quasi-universellement tournée vers l’anglais, il n’existait encore pratiquement aucun outil standard répondant à cette exigence essentielle.

Le père Camus, avec l’aide de Thierry Pairault, l’un des premiers sinologues à s’être intéressé aux problèmes informatiques créés par l’usage simultané du chinois et du français, entama la solution du problème par le recours à un logiciel de bases de données spécialisé dans le domaine de la chimie (Texto); son utilisation astucieuse et son adaptation partielle à l’utilisation du chinois (réalisée avec l’aide de Yann Ong à l’Institut Ricci de Paris) permirent la saisie de l’ensemble des données existantes et leur première structuration.

Pendant une dizaine d’années, parallèlement au travail de base de saisie, des tirés à part des différentes branches du savoir ainsi que des listages du vocabulaire général feront l’aller et retour entre Paris et Taipei, jusqu’à ce que l’ensemble des corrections, modifications et ajouts soient établis et saisis sur le support informatique.

Cependant, et malgré les évolutions techniques très rapides, le chemin d’une utilisation efficace de l’outil informatique était à ce stade encore long, et l’édition par ce biais encore difficilement réalisable. Les polices de caractères chinois disponibles étaient en particulier très limitées, et il n’existait aucun moyen de représenter les caractères archaïques chinois.

C’est alors que le projet reçut providentiellement le soutien de l’Institut d’Informatique de l’Université de Lausanne (UNIL) et de son directeur, le Professeur François Grize. Parallèlement, l’Institut Ricci de Paris se dota d’une véritable structure informatique, mise en place et dirigée depuis 1995 par Amnon Yaïsh. Dès lors, mettant en œuvre des techniques très sophistiquées de l’informatique, le Dr. Pierre Mellier développa à Lausanne une série de traducteurs qui rendirent possible le passage des données saisies à Taipei vers un formalisme standard (SGML). C’est grâce à la persévérance et aux efforts de Pierre Mellier et d’Amnon Yaïsh que cette dernière transformation des données put se réaliser; elle allait permettre non seulement leur structuration finale très fine et précise, mais aussi leur utilisation à l’avenir dans un système de mise en pages moderne et ouvert.

Pour mener à terme le projet du Dictionnaire, il fallut créer des polices de caractères chinois originales comportant tous les caractères utilisés dans le Dictionnaire mais absents des polices informatiques courantes, et élaborer les procédures informatiques pour leur utilisation dans des systèmes qui n’étaient pas conçus pour le permettre. En particulier, sous la direction d’Amnon Yaïsh à Paris, fut conçue la seule fonte numérique de caractères archaïques chinois existant à ce jour. Cette fonte unique rassemble toutes les formes d’écriture sur os, écaille de tortue et bronzes sélectionnées par le père Jean Lefeuvre, et dessinées fidèlement à l’encre de Chine, sous son contrôle, par Catherine Rocco et Huang Shang Yi.

La mise en page finale fut donc faite à Paris sous un système novateur et sophistiqué – FrameMaker+SGML . Les procédures et les techniques utilisées furent validées par l’édition du Dictionnaire Ricci de caractères chinois en 1999. Plusieurs fois, Pierre Mellier et Amnon Yaïsh durent modifier et enrichir le système pour l’adapter aux évolutions techniques et pour en faire un outil capable de traiter de façon efficace une masse extraordinaire de données adaptables et modifiables. Leur préoccupation constante fut d’assurer pour l’avenir l’utilisation des données sur d’autres supports (cd-rom) ou pour d’autres projets.

En octobre 1996, le père Yves Raguin quitte la direction de l’Institut de Taipei. Est mise alors en place une nouvelle structure d’organisation, le Comité de Direction et de Supervision du Grand Dictionnaire Ricci , qui réunit les pères Claude Larre, Jean Lefeuvre, Yves Camus, et Benoît Vermander, ainsi que Mademoiselle Élisabeth Rochat de la Vallée, et qui associe à ses travaux le père Jean-Yves Calvez. Ce Comité décide de transférer à Paris, toutes les saisies informatiques, effectuées jusque là à Taiwan, décision qui prend effet au mois d’août 1998.

L’année suivante voit donc la publication du Dictionnaire Ricci de caractères chinois , qui réunit dans un ensemble indépendant l’étude des 13 390 caractères singuliers. Jean Lefeuvre, Pierre Marsone et Élisabeth Rochat de la Vallée ont, avec d’autres, veillé à intégrer les découvertes paléographiques et les travaux lexicographiques les plus récents.

Pour chacun des 13 390 caractères, les traductions se présentent avec une richesse amplement diversifiée et toujours située. Les sens s’étagent du général au particulier; les équivalents français sont sûrs et critiques, et couvrent le déroulement de la langue chinoise à travers les siècles. Ils se subdivisent, le cas échéant, selon les diverses prononciations possibles du caractère. Pour plus de 2 000 caractères, l’étude commence aux origines de l’écriture, c’est-à-dire les inscriptions dites oraculaires sur écailles de tortue et omoplates de bœuf et les formes gravées sur bronzes. Elle se poursuit par la présentation des sens que le caractère revêt successivement dans les Livres Classiques; une sélection d’ouvrages a été opérée, commençant avec le Livre des Documents (Shu Jing) 書經 et le Livre des Odes (Shih Jing) 詩經 et s’achevant avec le Shuo Wen Jie Zi 說文解字. Ce sont les usages anciens .

Le Grand Dictionnaire Ricci associe quelques 300 000 expressions à ces caractères singuliers. Composées de deux ou plusieurs caractères, ces expressions sont le tissu de la langue chinoise. Sous l’impulsion de Claude Larre et d’Élisabeth Rochat de la Vallée, une équipe, qui ne cessera de s’enrichir, associe à Paris de jeunes sinologues à des universitaires de renom, afin de vérifier l’acuité des traductions et la convenance de certains choix. Chacun fait profiter l’équipe de ses expériences propres, du champ de vocabulaire acquis au cours de ses études et de ses séjours en Chine, de sa sensibilité personnelle. Des Chinois francophones complètent cette équipe.

Pour réviser et harmoniser ce vocabulaire, la même équipe a recherché, dans la tradition chinoise, les ensembles formés par des éléments naturellement reliés entre eux à l’intérieur de divers domaines (Astronomie, Physique, Musique…) ou associés dans des relations intersystémiques (théorie des Cinq Agents ou Éléments, Numérologie…). Ainsi, chaque composant de la langue peut-il être logé, orienté, spécifié ou, au contraire, globalisé, suivant le contexte auquel il appartient.

Un grand nombre d’expressions ont été répartis en près de deux cents « branches du savoir », lesquelles couvrent aussi bien le vocabulaire propre à la culture chinoise (Littérature chinoise, Peinture chinoise, Astronomie chinoise, Mathématiques chinoises, Médecine chinoise… que la traduction en chinois des arts et sciences occidentaux (Peinture, Mathématiques, Médecine…). Les réviseurs ont également voulu couvrir les nouveaux champs du savoir humain (Informatique, Électronique, Biochimie, Nucléaire, Écologie…), dont le vocabulaire est souvent encore en voix de formation. Ils n’ont pas négligé l’une des caractéristiques essentielles de la langue chinoise : la richesse en locutions, proverbes ou encore citations des Livres classiques. Grâce à l’indexation informatique et aux tirés à part qu’elle permet, chacune des branches du savoir a pu être soumise à un sinologue, français le plus souvent, spécialisé dans le domaine présenté, qui a veillé à l’exactitude et à la cohérence du choix des expressions et de leur traduction. Les aller et retour entre les spécialistes et les responsables d’édition, puis entre Paris et Taipei ont permis d’affiner l’approche et de faire, dans la plupart des cas, une œuvre originale.

Ainsi, plus que d’un dictionnaire, c’est désormais d’une base lexicographique quasi-encyclopédique dont il faut parler. Les ressources de l’informatique permettront son enrichissement et son actualisation en toutes directions. L’édition sur support numérique est d’ores et déjà prévue. Elle présentera des moyens de recherche et de recoupement, impossibles sur le support papier.

Il reste à parler de l’esprit qui, dès les origines, a inspiré cette entreprise. Si la mondialisation a accru de manière exponentielle les contacts culturels et linguistiques ainsi que les outils destinés à les faciliter, la communication n’en court pas moins le risque d’être appauvrie par une fonctionnalisation, un utilitarisme accrus. En contraste, les avatars du Dictionnaire témoignent de la valeur sans prix de l’échange – ou, pour le dire autrement, de sa gratuité. Le Grand Dictionnaire Ricci est semblable à un arbre. Il est comme armé de deux énormes grappes de racines, plongeant l’une dans le terreau de la langue française, l’autre dans celui de la langue chinoise, et il en tire une nourriture commune. Ce terreau, c’est l’humus de la langue, ses origines, la multiplicité des sens des caractères chinois, le dépôt laissé par les siècles, les subtilités de la langue française qui permettent de cerner au mieux les nuances de l’usage chinois. C’est ainsi que le Dictionnaire s’élève jusqu’au faîte. Le faîte, c’est l’univers de pensée qui se déploie à l’horizon des langues, la façon dont les particularités de leur vocabulaire et de leur usage ouvrent sur l’universel humain. Sur les branches du Dictionnaire poussent les fruits savoureux de la sagesse de nos cultures, qu’il appartient au lecteur de cueillir et de goûter. Le Dictionnaire est une œuvre qu’on entreprend « à la base », qui part de la longue recension des particularités, mais c’est aussi une œuvre qui ouvre sur un horizon : il témoigne que la quête de la vérité n’est pas séparable d’une quête de communication.

Un dictionnaire donne accès à l’esprit d’une langue dans la mesure où il oblige à en serrer la lettre. En d’autres termes, on reste dans l’abstraction tant que l’on sépare une culture de la vie d’une langue. Le choix délibéré des initiateurs du Grand Dictionnaire Ricci d’inscrire l’ouvrage dans le terreau de la culture et de l’histoire, au travers desquels la langue chinoise s’est formée et continue à évoluer, témoigne d’une position de fond sur la nature d’un dictionnaire et le rapport à la langue qu’il introduit. Un dictionnaire n’est pas à entendre comme une simple réserve, où on irait puiser. Il est appelé, en effet, par la nature même des langues humaines, à partir précisément de leur diversité structurelle. Un dictionnaire bilingue est la mise en correspondance de la mémoire de deux langues, qui dans l’oralité ou l’écriture assure la compréhension mutuelle. On éclaire un terme en lui donnant sa place dans un paradigme. « Dans une langue, il n’y a que des différences », nous révélait déjà Saussure. Un dictionnaire bilingue nous renvoie ainsi à l’expérience de base de l’arbitraire du langage, la rencontre de l’étranger, où et où seulement s’apprend ce qu’est une langue.

Ces remarques nous permettent d’effectuer un retour sur le projet initial du Dictionnaire en cinq langues. Un tel projet pouvait paraître au départ constituer une économie de temps: les travaux sur la base chinoise servaient à confectionner simultanément cinq dictionnaires, grâce à la présence de collaborateurs parlant ces langues. Les raisons de renonciation au projet ont été évidemment multiples. Toutefois, à partir des réflexions précédentes, on voit que cette manière de faire revenait à multiplier les précisions sémantiques naissant à l’intersection du contact entre les langues. Cette procédure, très fructueuse pour enrichir le résultat final, en chacune des langues, s’est cependant avérée bien plus gourmande de temps que ne l’aurait été le projet d’un « simple » dictionnaire bilingue.

Ce qui précède illustre la valeur culturelle du dictionnaire comme tel. On pourrait penser, en effet, que l’entrée dans une culture se fait par le contact avec ses œuvres, littéraires, artistiques, en quoi se rencontrent individus et institutions. Le dictionnaire aurait un rôle utile, mais seulement instrumental. On illustrerait cela en faisant remarquer que le meilleur moyen d’entrer dans une culture n’est pas de lire un dictionnaire du début à la fin, en continu. Mais la méthode serait mauvaise seulement parce que l’on aurait fait erreur sur la nature du commencement dans un dictionnaire : sa première page n’est qu’apparemment son début. L’ordre d’un dictionnaire est, radicalement, arbitraire. Le commencement, dans le dictionnaire, est celui où commence l’usager, l’ouvrant à la page où il pense trouver le renseignement qu’il cherche. Très souvent, la lecture débutée à ce point renverra à une continuation. C’est là-dessus que repose la permanence du dictionnaire. Il ne peut jamais aller sur les rayons, comme c’est le cas du livre lu, d’autant mieux « rangé » que l’on sait comment il s’ordonne. Le dictionnaire est toujours disponible à un nouveau commencement. Dans ce jeu même d’un commencement toujours recommencé, la traduction ici manifeste son caractère indispensable pour la vie d’une langue. Il faut en effet convoquer toutes les « subtilités » du français, en découvrir d’autres même, si possible, pour relever le défi du chinois. Inversement, le chinois y a gagné de n’être pas enfermé en lui-même, dans le « on ne peut pas traduire cela », l’impossible se produisant, et manifestant la puissance d’éveil que représente le chinois pour l’autre culture qui cherche à l’entendre. Alors, une œuvre telle que le Grand Dictionnaire Ricci fait entrer dans la chair d’une langue, et la première caractéristique de la chair c’est sa fragilité intrinsèque. Cette fragilité s’est d’abord manifestée dans la longue durée de la préparation, avec tous ces moments où le projet aurait pu définitivement échouer. Fragilité et fécondité conjointes du dictionnaire qu’illustre aussi cette expérience que tout utilisateur a faite une fois ou l’autre : l’article qui donne cinq ou six sens, et qui permet d’en trouver un septième, qui est cette fois, pour ce que l’on cherche, le « mot juste ».

Plus avant encore, le Grand Dictionnaire Ricci constitue l’outil essentiel pour une entrée en profondeur non seulement dans la langue chinoise mais encore dans son écriture. La richesse des caractères, de leurs graphies, de leur histoire, de leur sens, de leurs combinaisons dessine une infinité de parcours au travers desquels se conjuguent les variations phonologiques et celles du geste écrit, du geste calligraphique enraciné dans un rapport intime au corps et à l’univers tout entier. Là encore, en permettant une appréciation aussi large que possible des ressources du chinois tels qu’on les trouve dans la matérialité de son écriture c’est aux mille détours d’une cosmologie que le Dictionnaire donne accès. Les Dossiers et Annexes sont également là pour faciliter cette entrée.

Il n’est point besoin de dictionnaire bilingue quand il n’y a qu’une langue, ou bien lorsque, devant la multiplicité des langues, on renonce à entendre celles de ses voisins. Ces deux situations extrêmes sont illustrées conjointement par le mythe de Babel. À l’inverse, la présence de dictionnaires qui font le pari de plonger dans l’histoire d’une langue témoigne d’une expérience essentielle : s’engager dans la communication ne signifie en rien le fait de rejeter la langue maternelle, c’est au contraire offrir un hommage double à la sagesse qui a nourri la pensée de chacun des partenaires. Chacun fait alors le pari de s’entendre « de langue à langue », car c’est ainsi que la pensée se greffe et s’enrichit, et qu’on peut goûter, dans l’échange, dans la transformation mutuelle, quelque chose de la vérité, comme on fait d’un fruit savoureux. Le travail têtu qui aboutit à la sortie du Grand Dictionnaire Ricci signifie que « traduire » est toujours une tâche à mener au travers d’un échange culturel quotidien, que vraiment traduire c’est vraiment aimer et comprendre. En 1956, le père Yves Raguin écrivait :

« Le souhait de ceux qui auront passé plusieurs années de leur vie à élever ce monument, c’est que beaucoup y trouvent les clés qui leur serviront à ouvrir les portes [...] par lesquelles on accède à l’âme même d’un peuple et non celles qui s’ouvrent à quelque visiteur d’occasion. Il faut, pour comprendre la Chine, savoir communier en patience à l’âme secrète de ceux qui l’habitent. » (12)

Près d’un demi-siècle plus tard, ce dont témoigne le Grand Dictionnaire Ricci , ce n’est pas seulement d’une tâche du passé, c’est encore d’un rêve d’avenir.

Le comité de coordination et de décision du grand dictionnaire ricci


NOTES

1. Le père Deltour transporta ces documents au moyen de huit malles, six de livres et deux de manuscrits, lors de son départ de Pékin vers Macao.

2. Les sections hongroise et française sont ouvertes en 1950, les sections espagnole et latine en 1951 et la section anglaise en 1953. Les premiers jésuites français à travailler sur le projet sont les pères André Deltour, Octave Brière, Joseph Motte et, pour un temps assez court, Maximilien Laplazie.

3. Le nombre de jésuites mobilisés autour du projet a varié fortement au fil du temps. En 1954, on en compte de vingt et un à vingt-sept – espagnols (dont le père Juan Goyoaga, un temps directeur général du projet), hongrois, français, américains, canadiens, italiens (ces derniers dans la section latine). En 1959, les cinq « tapuscrits » sont terminés, après quoi le nombre de jésuites consacrés à cette tâche diminue fortement. En 1961, l’équipe du Dictionnaire (qui est encore plurilinguistique) compte trois pères employés à plein-temps, ainsi que six pères et deux Frères y travaillant à temps partiel. Le nombre d’assistants chinois passe de quinze environ à sept, puis à quatre.

4. Chine Madagascar , janvier 1953, p. 10.

5. Ibid ., p. 14.

6. Le père Raguin note que c’est vers cette époque que l’équipe commence à utiliser le dictionnaire Dai KanWa Jiten 大漢和辭典 de Morohashi et le Zhongwen da cidian) 中文大辭典, qui vont beaucoup contribuer à transformer et enrichir nombre des traductions originales.

7. Cette collection constitue ce que l’on nomme les différents « tapuscrits » .

8. Les précautions que décrit ici Yves Raguin découlaient de la crainte d’une attaque continentale contre l’île de Taiwan. Des copies étaient donc envoyées en des endroits où se trouvaient des correspondants jésuites sinologues.

9. « Une grande entreprise lexicographique, la collection de dictionnaires chinois des pères jésuites de Taichung (Formose) », Études , février 1956, p. 261.

10. Ibid ., p. 202.

11. Monsieur Zhang Ke Ming a travaillé trente-neuf ans au Dictionnaire. Il a notamment conçu et préparé les index du premier Dictionnaire français de la langue chinoise de l’Institut Ricci.

12. Études, art. cit. , p. 267.

Đăng trong J'aime la Chine | Leave a Comment »

Déclaration universelle des droits de l’homme 世界人权宣言

Đăng bởi Hoàng Vinh on Tháng Năm 26, 2007

réambule 序 言

Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde,
鉴 于 对 人 类 家 庭 所 有 成 员 的 固 有 尊 严 及 其 平 等 的 和 不 移 的 权 利 的 承 认, 乃 是 世 界 自 由、 正 义 与 和 平 的 基 础,

Considérant que la méconnaissance et le mépris des droits de l’homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l’humanité et que l’avènement d’un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l’homme,
鉴 于 对 人 权 的 无 视 和 侮 蔑 已 发 展 为 野 蛮 暴 行, 这 些 暴 行 玷 污 了 人 类 的 良 心, 而 一 个 人 人 享 有 言 论 和 信 仰 自 由 并 免 予 恐 惧 和 匮 乏 的 世 界 的 来 临, 已 被 宣 布 为 普 通 人 民 的 最 高 愿 望,

Considérant qu’il est essentiel que les droits de l’homme soient protégés par un régime de droit pour que l’homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l’oppression,
鉴 于 为 使 人 类 不 致 迫 不 得 已 铤 而 走 险 对 暴 政 和 压 迫 进 行 反 叛, 有 必 要 使 人 权 受 法 治 的 保 护,

Considérant qu’il est essentiel d’encourager le développement de relations amicales entre nations,
鉴 于 有 必 要 促 进 各 国 间 友 好 关 系 的 发 展,

Considérant que dans la Charte les peuples des Nations Unies ont proclamé à nouveau leur foi dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité des droits des hommes et des femmes, et qu’ils se sont déclarés résolus à favoriser le progrès social et à instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande,
鉴 于 各 联 合 国 国 家 的 人 民 已 在 联 合 国 宪 章 中 重 申 他 们 对 基 本 人 权、 人 格 尊 严 和 价 值 以 及 男 女 平 等 权 利 的 信 念, 并 决 心 促 成 较 大 自 由 中 的 社 会 进 步 和 生 活 水 平 的 改 善,

Considérant que les Etats Membres se sont engagés à assurer, en coopération avec l’Organisation des Nations Unies, le respect universel et effectif des droits de l’homme et des libertés fondamentales,
鉴 于 各 会 员 国 业 已 誓 愿 同 联 合 国 合 作 以 促 进 对 人 权 和 基 本 自 由 的 普 遍 尊 重 和 遵 行,

Considérant qu’une conception commune de ces droits et libertés est de la plus haute importance pour remplir pleinement cet engagement,
鉴 于 对 这 些 权 利 和 自 由 的 普 遍 了 解 对 于 这 个 誓 愿 的 充 分 实 现 具 有 很 大 的 重 要 性,

L’Assemblée générale
Proclame la présente Déclaration universelle des droits de l’homme comme l’idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations afin que tous les individus et tous les organes de la société, ayant cette Déclaration constamment à l’esprit, s’efforcent, par l’enseignement et l’éducation, de développer le respect de ces droits et libertés et d’en assurer, par des mesures progressives d’ordre national et international, la reconnaissance et l’application universelles et effectives, tant parmi les populations des Etats Membres eux-mêmes que parmi celles des territoires placés sous leur juridiction.
因 此 现 在, 大 会, 发 布 这 一 世 界 人 权 宣 言 , 作 为 所 有 人 民 和 所 有 国 家 努 力 实 现 的 共 同 标 准, 以 期 每 一 个 人 和 社 会 机 构 经 常 铭 念 本 宣 言, 努 力 通 过 教 诲 和 教 育 促 进 对 权 利 和 自 由 的 尊 重, 并 通 过 国 家 的 和 国 际 的 渐 进 措 施, 使 这 些 权 利 和 自 由 在 各 会 员 国 本 身 人 民 及 在 其 管 辖 下 领 土 的 人 民 中 得 到 普 遍 和 有 效 的 承 认 和 遵 行;

Article premier 第 一 条
Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.
人 人 生 而 自 由, 在 尊 严 和 权 利 上 一 律 平 等。 他 们 赋 有 理 性 和 良 心, 并 应 以 兄 弟 关 系 的 精 神 相 对 待。

Article 2 第 二 条
Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.
De plus, il ne sera fait aucune distinction fondée sur le statut politique, juridique ou international du pays ou du territoire dont une personne est ressortissante, que ce pays ou territoire soit indépendant, sous tutelle, non autonome ou soumis à une limitation quelconque de souveraineté.
人 人 有 资 格 享 有 本 宣 言 所 载 的 一 切 权 利 和 自 由, 不 分 种 族、 肤 色、 性 别、 语 言、 宗 教、 政 治 或 其 他 见 解、 国 籍 或 社 会 出 身、 财 产、 出 生 或 其 他 身 分 等 任 何 区 别。
并 且 不 得 因 一 人 所 属 的 国 家 或 领 土 的 政 治 的、 行 政 的 或 者 国 际 的 地 位 之 不 同 而 有 所 区 别, 无 论 该 领 土 是 独 立 领 土、 托 管 领 土、 非 自 治 领 土 或 者 处 于 其 他 任 何 主 权 受 限 制 的 情 况 之 下。

Article 3 第 三 条
Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.
人 人 有 权 享 有 生 命、 自 由 和 人 身 安 全。

Article 4 第 四 条
Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l’esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.
任 何 人 不 得 使 为 奴 隶 或 奴 役; 一 切 形 式 的 奴 隶 制 度 和 奴 隶 买 卖, 均 应 予 以 禁 止。

Article 5 第 五 条
Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
任 何 人 不 得 加 以 酷 刑, 或 施 以 残 忍 的、 不 人 道 的 或 侮 辱 性 的 待 遇 或 刑 罚。

Article 6 第 六 条
Chacun a le droit à la reconnaissance en tous lieux de sa personnalité juridique.
人 人 在 任 何 地 方 有 权 被 承 认 在 法 律 前 的 人 格。

Article 7 第 七 条
Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi. Tous ont droit à une protection égale contre toute discrimination qui violerait la présente Déclaration et contre toute provocation à une telle discrimination.
法 律 之 前 人 人 平 等, 并 有 权 享 受 法 律 的 平 等 保 护, 不 受 任 何 歧 视。 人 人 有 权 享 受 平 等 保 护, 以 免 受 违 反 本 宣 言 的 任 何 歧 视 行 为 以 及 煽 动 这 种 歧 视 的 任 何 行 为 之 害。

Article 8 第 八 条
Toute personne a droit à un recours effectif devant les juridictions nationales compétentes contre les actes violant les droits fondamentaux qui lui sont reconnus par la constitution ou par la loi.
任 何 人 当 宪 法 或 法 律 所 赋 予 他 的 基 本 权 利 遭 受 侵 害 时, 有 权 由 合 格 的 国 家 法 庭 对 这 种 侵 害 行 为 作 有 效 的 补 救。

Article 9 第 九 条
Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ni exilé.
任 何 人 不 得 加 以 任 意 逮 捕、 拘 禁 或 放 逐。

Article 10 第 十 条
Toute personne a droit, en pleine égalité, à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal indépendant et impartial, qui décidera, soit de ses droits et obligations, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle.
人 人 完 全 平 等 地 有 权 由 一 个 独 立 而 无 偏 倚 的 法 庭 进 行 公 正 的 和 公 开 的 审 讯, 以 确 定 他 的 权 利 和 义 务 并 判 定 对 他 提 出 的 任 何 刑 事 指 控。

Article 11 第 十 一 条
Toute personne accusée d’un acte délictueux est présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d’un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées.
Nul ne sera condamné pour des actions ou omissions qui, au moment où elles ont été commises, ne constituaient pas un acte délictueux d’après le droit national ou international. De même, il ne sera infligé aucune peine plus forte que celle qui était applicable au moment où l’acte délictueux a été commis.
㈠ 凡 受 刑 事 控 告 者, 在 未 经 获 得 辩 护 上 所 需 的 一 切 保 证 的 公 开 审 判 而 依 法 证 实 有 罪 以 前, 有 权 被 视 为 无 罪。
㈡ 任 何 人 的 任 何 行 为 或 不 行 为, 在 其 发 生 时 依 国 家 法 或 国 际 法 均 不 构 成 刑 事 罪 者, 不 得 被 判 为 犯 有 刑 事 罪。 刑 罚 不 得 重 于 犯 罪 时 适 用 的 法 律 规 定。

Article 12 第 十 二 条
Nul ne sera l’objet d’immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d’atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes.
任 何 人 的 私 生 活、 家 庭、 住 宅 和 通 信 不 得 任 意 干 涉, 他 的 荣 誉 和 名 誉 不 得 加 以 攻 击。 人 人 有 权 享 受 法 律 保 护, 以 免 受 这 种 干 涉 或 攻 击。

Article 13 第 十 三 条
Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat.
Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays. ㈠ 人 人 在 各 国 境 内 有 权 自 由 迁 徙 和 居 住。
㈡ 人 人 有 权 离 开 任 何 国 家, 包 括 其 本 国 在 内, 并 有 权 返 回 他 的 国 家。

Article 14 第 十 四 条
Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile en d’autres pays.
Ce droit ne peut être invoqué dans le cas de poursuites réellement fondées sur un crime de droit commun ou sur des agissements contraires aux buts et aux principes des Nations Unies. ㈠ 人 人 有 权 在 其 他 国 家 寻 求 和 享 受 庇 护 以 避 免 迫 害。
㈡ 在 真 正 由 于 非 政 治 性 的 罪 行 或 违 背 联 合 国 的 宗 旨 和 原 则 的 行 为 而 被 起 诉 的 情 况 下, 不 得 援 用 此 种 权 利。

Article 15 第 十 五 条
Tout individu a droit à une nationalité.
Nul ne peut être arbitrairement privé de sa nationalité, ni du droit de changer de nationalité. ㈠ 人 人 有 权 享 有 国 籍。
㈡ 任 何 人 的 国 籍 不 得 任 意 剥 夺, 亦 不 得 否 认 其 改 变 国 籍 的 权 利。

Article 16 第 十 六 条
A partir de l’âge nubile, l’homme et la femme, sans aucune restriction quant à la race, la nationalité ou la religion, ont le droit de se marier et de fonder une famille. Ils ont des droits égaux au regard du mariage, durant le mariage et lors de sa dissolution.
Le mariage ne peut être conclu qu’avec le libre et plein consentement des futurs époux.
La famille est l’élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l’Etat.
㈠ 成 年 男 女, 不 受 种 族、 国 籍 或 宗 教 的 任 何 限 制 有 权 婚 嫁 和 成 立 家 庭。 他 们 在 婚 姻 方 面, 在 结 婚 期 间 和 在 解 除 婚 约 时, 应 有 平 等 的 权 利。
㈡ 只 有 经 男 女 双 方 的 自 由 和 完 全 的 同 意, 才 能 缔 婚。
㈢ 家 庭 是 天 然 的 和 基 本 的 社 会 单 元, 并 应 受 社 会 和 国 家 的 保 护。

Article 17 第 十 七 条
Toute personne, aussi bien seule qu’en collectivité, a droit à la propriété.
Nul ne peut être arbitrairement privé de sa propriété.
㈠ 人 人 得 有 单 独 的 财 产 所 有 权 以 及 同 他 人 合 有 的 所 有 权。
㈡ 任 何 人 的 财 产 不 得 任 意 剥 夺。

Article 18 第 十 八 条
Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites.
人 人 有 思 想、 良 心 和 宗 教 自 由 的 权 利; 此 项 权 利 包 括 改 变 他 的 宗 教 或 信 仰 的 自 由, 以 及 单 独 或 集 体、 公 开 或 秘 密 地 以 教 义、 实 践、 礼 拜 和 戒 律 表 示 他 的 宗 教 或 信 仰 的 自 由。

Article 19 第 十 九 条
Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit.
人 人 有 权 享 有 主 张 和 发 表 意 见 的 自 由; 此 项 权 利 包 括 持 有 主 张 而 不 受 干 涉 的 自 由, 和 通 过 任 何 媒 介 和 不 论 国 界 寻 求、 接 受 和 传 递 消 息 和 思 想 的 自 由。

Article 20 第 二 十 条
Toute personne a droit à la liberté de réunion et d’association pacifiques.
Nul ne peut être obligé de faire partie d’une association.
㈠ 人 人 有 权 享 有 和 平 集 会 和 结 社 的 自 由。
㈡ 任 何 人 不 得 迫 使 隶 属 于 某 一 团 体。

Article 21 第 二 十 一 条
Toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, soit directement, soit par l’intermédiaire de représentants librement choisis.
Toute personne a droit à accéder, dans des conditions d’égalité, aux fonctions publiques de son pays.
La volonté du peuple est le fondement de l’autorité des pouvoirs publics; cette volonté doit s’exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du vote.
㈠ 人 人 有 直 接 或 通 过 自 由 选 择 的 代 表 参 与 治 理 本 国 的 权 利。
㈡ 人 人 有 平 等 机 会 参 加 本 国 公 务 的 权 利。
㈢ 人 民 的 意 志 是 政 府 权 力 的 基 础; 这 一 意 志 应 以 定 期 的 和 真 正 的 选 举 予 以 表 现, 而 选 举 应 依 据 普 遍 和 平 等 的 投 票 权, 并 以 不 记 名 投 票 或 相 当 的 自 由 投 票 程 序 进 行。

Article 22 第 二 十 二 条
Toute personne, en tant que membre de la société, a droit à la sécurité sociale; elle est fondée à obtenir la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité, grâce à l’effort national et à la coopération internationale, compte tenu de l’organisation et des ressources de chaque pays.
每 个 人, 作 为 社 会 的 一 员, 有 权 享 受 社 会 保 障, 并 有 权 享 受 他 的 个 人 尊 严 和 人 格 的 自 由 发 展 所 必 需 的 经 济、 社 会 和 文 化 方 面 各 种 权 利 的 实 现, 这 种 实 现 是 通 过 国 家 努 力 和 国 际 合 作 并 依 照 各 国 的 组 织 和 资 源 情 况。

Article 23 第 二 十 三 条
Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage.
Tous ont droit, sans aucune discrimination, à un salaire égal pour un travail égal
Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu’à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s’il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale.
Toute personne a le droit de fonder avec d’autres des syndicats et de s’affilier à des syndicats pour la défense de ses intérêts.
㈠ 人 人 有 权 工 作、 自 由 选 择 职 业、 享 受 公 正 和 合 适 的 工 作 条 件 并 享 受 免 于 失 业 的 保 障。
㈡ 人 人 有 同 工 同 酬 的 权 利, 不 受 任 何 歧 视。
㈢ 每 一 个 工 作 的 人, 有 权 享 受 公 正 和 合 适 的 报 酬, 保 证 使 他 本 人 和 家 属 有 一 个 符 合 人 的 生 活 条 件, 必 要 时 并 辅 以 其 他 方 式 的 社 会 保 障。
㈣ 人 人 有 为 维 护 其 利 益 而 组 织 和 参 加 工 会 的 权 利。

Article 24 第 二 十 四 条
Toute personne a droit au repos et aux loisirs et notamment à une limitation raisonnable de la durée du travail et à des congés payés périodiques.
人 人 有 享 有 休 息 和 闲 暇 的 权 利, 包 括 工 作 时 间 有 合 理 限 制 和 定 期 给 薪 休 假 的 权 利。

Article 25 第 二 十 五 条
Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.
La maternité et l’enfance ont droit à une aide et à une assistance spéciales. Tous les enfants, qu’ils soient nés dans le mariage ou hors mariage, jouissent de la même protection sociale.
㈠ 人 人 有 权 享 受 为 维 持 他 本 人 和 家 属 的 健 康 和 福 利 所 需 的 生 活 水 准, 包 括 食 物、 衣 着、 住 房、 医 疗 和 必 要 的 社 会 服 务; 在 遭 到 失 业、 疾 病、 残 废、 守 寡、 衰 老 或 在 其 他 不 能 控 制 的 情 况 下 丧 失 谋 生 能 力 时, 有 权 享 受 保 障。
㈡ 母 亲 和 儿 童 有 权 享 受 特 别 照 顾 和 协 助。 一 切 儿 童, 无 论 婚 生 或 非 婚 生, 都 应 享 受 同 样 的 社 会 保 护。

Article 26 第 二 十 六 条
Toute personne a droit à l’éducation. L’éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l’enseignement élémentaire et fondamental. L’enseignement élémentaire est obligatoire. L’enseignement technique et professionnel doit être généralisé; l’accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite.
L’éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l’amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix.
Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants.
㈠ 人 人 都 有 受 教 育 的 权 利, 教 育 应 当 免 费, 至 少 在 初 级 和 基 本 阶 段 应 如 此。 初 级 教 育 应 属 义 务 性 质。 技 术 和 职 业 教 育 应 普 遍 设 立。 高 等 教 育 应 根 据 成 绩 而 对 一 切 人 平 等 开 放。
㈡ 教 育 的 目 的 在 于 充 分 发 展 人 的 个 性 并 加 强 对 人 权 和 基 本 自 由 的 尊 重。 教 育 应 促 进 各 国、 各 种 族 或 各 宗 教 集 团 间 的 了 解、 容 忍 和 友 谊, 并 应 促 进 联 合 国 维 护 和 平 的 各 项 活 动。
㈢ 父 母 对 其 子 女 所 应 受 的 教 育 的 种 类, 有 优 先 选 择 的 权 利。

Article 27 第 二 十 七 条
Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent
Chacun a droit à la protection des intérêts moraux et matériels découlant de toute production scientifique, littéraire ou artistique dont il est l’auteur.
㈠ 人 人 有 权 自 由 参 加 社 会 的 文 化 生 活, 享 受 艺 术, 并 分 享 科 学 进 步 及 其 产 生 的 福 利。
㈡ 人 人 对 由 于 他 所 创 作 的 任 何 科 学、 文 学 或 美 术 作 品 而 产 生 的 精 神 的 和 物 质 的 利 益, 有 享 受 保 护 的 权 利。

Article 28 第 二 十 八 条
Toute personne a droit à ce que règne, sur le plan social et sur le plan international, un ordre tel que les droits et libertés énoncés dans la présente Déclaration puissent y trouver plein effet.
人 人 有 权 要 求 一 种 社 会 的 和 国 际 的 秩 序, 在 这 种 秩 序 中, 本 宣 言 所 载 的 权 利 和 自 由 能 获 得 充 分 实 现。

Article 29 第 二 十 九 条
L’individu a des devoirs envers la communauté dans laquelle seul le libre et plein développement de sa personnalité est possible.
Dans l’exercice de ses droits et dans la jouissance de ses libertés, chacun n’est soumis qu’aux limitations établies par la loi exclusivement en vue d’assurer la reconnaissance et le respect des droits et libertés d’autrui et afin de satisfaire aux justes exigences de la morale, de l’ordre public et du bien-être général dans une société démocratique.
Ces droits et libertés ne pourront, en aucun cas, s’exercer contrairement aux buts et aux principes des Nations Unies.
㈠ 人 人 对 社 会 负 有 义 务, 因 为 只 有 在 社 会 中 他 的 个 性 才 可 能 得 到 自 由 和 充 分 的 发 展。
㈡ 人 人 在 行 使 他 的 权 利 和 自 由 时, 只 受 法 律 所 确 定 的 限 制, 确 定 此 种 限 制 的 唯 一 目 的 在 于 保 证 对 旁 人 的 权 利 和 自 由 给 予 应 有 的 承 认 和 尊 重, 并 在 一 个 民 主 的 社 会 中 适 应 道 德、 公 共 秩 序 和 普 遍 福 利 的 正 当 需 要。
㈢ 这 些 权 利 和 自 由 的 行 使, 无 论 在 任 何 情 形 下 均 不 得 违 背 联 合 国 的 宗 旨 和 原 则。

Article 30 第 三 十 条
Aucune disposition de la présente Déclaration ne peut être interprétée comme impliquant, pour un Etat, un groupement ou un individu, un droit quelconque de se livrer à une activité ou d’accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés.
本 宣 言 的 任 何 条 文, 不 得 解 释 为 默 许 任 何 国 家、 集 团 或 个 人 有 权 进 行 任 何 旨 在 破 坏 本 宣 言 所 载 的 任 何 权 利 和 自 由 的 活 动 或 行 为。

Đăng trong J'aime la Chine | Leave a Comment »

Le chinois mandarin, langue chinoise

Đăng bởi Hoàng Vinh on Tháng Năm 26, 2007

Introduction

Le mandarin, 普通話/普通话 pǔtōnghuà (« langue commune ») ou 漢語/汉语 hànyǔ (« langue des Hàn », ethnie dominante en Chine), est la langue officielle en République populaire de Chine, à Taiwan et à Singapour. Il s’écrit au moyen des sinogrammes et on le transcrit maintenant le plus souvent en pinyin (comme dans la majorité des articles de Wikipédia), mais aussi en bopomofo.

Le chinois mandarin (très souvent nommé simplement chinois) est la langue la plus parlée au monde. Cependant, même s’il est aujourd’hui enseigné à tous les Chinois, les Chinois plus âgés ne parlent pas tous le mandarin mais d’autres langues chinoises, comme le cantonais, ou d’autres comme le tibétain. Cette langue, que les dirigeants communistes ont désignée comme la langue véhiculaire de leur nation entière (d’où le terme de 普通話 pǔtōnghuà, « langue commune »), était d’abord celle de communautés chinoises du Nord du pays. Bien que possédant aussi une ancienne histoire littéraire, elle ne dérive pas de la langue classique littéraire et artificielle (文言 wényán), abandonnée en 1919 après avoir été utilisée comme langue écrite officielle et littéraire pendant plus de deux mille ans : en effet, c’est d’une langue vernaculaire parlée (白話 báihuà, « langue simple ») que le mandarin procède. En 1956, c’est la variante de Pékin qui est promue au rang de langue officielle. On la considère souvent comme la variante standard de cette langue. Le mandarin de Pékin possède cependant des spécificités (comme l’utilisation fréquente de la rétroflexion vocalique notée au moyen du suffixe -er) et on dit souvent que les Pékinois ont un « accent ». Le mandarin d’un Taiwanais sera donc quelque peu différent de celui d’un tel Pékinois.

En dehors de la Chine, d’importantes communautés chinoises partagent cette langue, qui est enseignée dans de nombreux lycées et universités de par le monde.

Comme les autres langues chinoises, c’est une langue à tons. Elle utilise quatre tonèmes, qui changent le sens du mot, haut et plat, montant, descendant légèrement puis remontant (modulé) et descendant.

Les tons sont représentés en République populaire de Chine par les accents sur les voyelles des syllabes de l’écriture romanisée dite pinyin et, à Taiwan, par les mêmes accents sur les graphèmes du bopomofo. On utilise aussi le numéro du ton à la fin de la syllabe quand les contraintes techniques empêchent d’entrer ou de lire les accents.

Les appellations

Le terme français provient du portugais mandarim (du malais mentari ou mantari, lui-même emprunté au sanskrit mantrin-, signifiant « ministre ») ; c’est la traduction du chinois 官話/官话 guānhuà, qui signifie littéralement « langue des mandarins » (magistrats de l’Empire). Le terme guānhuà est souvent considéré comme une appellation archaïque par les sinophones d’aujourd’hui.

En RPC, la langue est nommée 普通話/普通话 pǔtōnghuà, « langue commune » ou 漢語/汉语 hànyǔ, « langue des Han ». À Taiwan, la langue est officiellement nommée 國語/国语 guóyǔ, « langue nationale ». Dans les communautés chinoises à l’étranger, particulièrement dans le Sud-Est asiatique, la langue est connue comme 華語/华语 huáyǔ, « langue chinoise » (華/华 huá est un terme désignant principalement la culture chinoise). Noter que bien que le terme de hànyǔ soit communément utilisé pour se référer au mandarin, cette terminologie est parfois contestée par les locuteurs d’autres variantes du chinois, qui trouvent que le nom implique que cette langue serait plus proche de l’ancien chinois que d’autres dialectes. Certains locuteurs du hakka, par exemple, affirment à juste titre que leur propre dialecte devrait justement être nommé hànyǔ car sa structure est plus proche de celle des textes anciens.

La forme standard du mandarin s’appuie sur la prononciation propre aux locuteurs de Pékin (cf. Prononciation du mandarin), sans certaines particularités phonétiques. Il existe en effet une grande diversité dans les prononciations régionales, pour deux raisons principalement. La première est que l’aire géographique où ce langage est la langue maternelle de la plupart des locuteurs est si étendue que l’on rencontre nécessairement des variations de prononciations d’une zone à l’autre. Ces différences régionales sont de même nature que celles que l’on entend dans les diverses régions francophones de France, de Belgique, de Suisse, d’Afrique, du Québec, etc. La seconde raison est que nombre de locuteurs possèdent le mandarin comme seconde langue. Ces locuteurs le contaminent ainsi fréquemment avec le système phonologique de leur propre langue maternelle. Le mandarin de Taiwan, par exemple, est devenu une variante relativement homogène du mandarin standard tel que défini par les autorités éducatives.

Le mandarin est parfois encore nommé de manière informelle pékinois (北京話/北京话 Beǐjīng huà, 北京方言 Beǐjīng fāngyán, « langue régionale de Pékin », ou 京片子 Jīng piànzi). À Taiwan, les partisans de l’indépendance de Taiwan insistent fréquemment pour que l’on utilise le terme de Beǐjīng huà à la place de 國語/国语 guóyǔ afin de promouvoir l’idée que le taïwanais devrait être leur langue nationale.

Histoire

Les langues chinoises se sont développées à partir d’une langue commune nommée chinois archaïque.

La plupart des Chinois vivant en Chine du nord, au Sichuan, et, en fait, dans un grand arc de cercle allant du nord-est (Mandchourie) au sud-ouest (Yunnan), utilisent plusieurs dialectes du mandarin comme langue maternelle. La prévalence du mandarin dans toute la Chine du nord est principalement le résultat de la géographie, en particulier les plaines du nord de la Chine. En comparaison, les zones montagneuses et fluviales de la Chine du sud ont connu une plus grande diversité linguistique. La présence du mandarin au Sichuan est largement due à une épidémie survenue au XIIe siècle. Cette épidémie, peut-être la peste noire, ayant décimé la population de cette région, elle a permis plus tard une colonisation par les Chinois du nord de la Chine et, indirectement, explique l’implantation d’une langue du Nord dans une région méridionale.

Jusqu’au milieu du XXe siècle, la plupart des Chinois vivant en Chine du sud ne parlaient pas le mandarin. Cependant, malgré la mixité sociale entre membres de l’administration et gens du peuple parlant divers dialects chinois, le mandarin pékinois était devenu la langue dominante au moins sous la dynastie Qing, dont la langue officielle était le mandchou. Depuis le XVIIe siècle, l’Empire avait créé des académies d’« orthoépie », 正音書院/正音书院 zhēngyīn shūyuàn, dans une tentative de rendre la prononciation conforme au standard de Pékin. Leur succès s’était avéré très limité.

Cette situation a évolué avec la création (en RPC et à Taiwan) d’un système d’éducation d’école élémentaire dévolu à l’enseignement du mandarin. En conséquence, le mandarin est devenu la langue la plus couramment parlée par la plupart des habitants de Chine continentale et de Taiwan. À Hong Kong, cependant, la langue de l’éducation et des formalités reste le cantonais, bien que le mandarin soit de plus en plus présent.

Mandarin et pékinois

Une erreur commune consiste à croire que le mandarin serait le dialecte pékinois. Il est vrai que la prononciation standard et que la grammaire de la langue enseignée s’appuie principalement sur le dialecte de Pékin, mais la notion de mandarin standard reste un concept assez flou car il représente plutôt un ensemble de langues fabriquées et imposées au peuple, à qui l’on demande d’oublier ses prononciations régionales habituelles. L’accent des habitants de Harbin, autrefois en zone mandchoue, serait resté celui le plus proche du mandarin actuel. De la vaste aire qui s’étend de la Mandchourie au nord-est de la Chine jusqu’au Yunnan au sud-ouest, la langue maternelle de la plupart des habitants est le mandarin (dans son sens général), mais ces langues maternelles diffèrent toutes dans la prononciation, le vocabulaire et même parfois la grammaire, de la langue enseignée.

Spécifiquement, conformément à la langue des natifs de Pékin, la plupart des locuteurs se conforment bien à la prononciation standard des consonnes rétroflexes (notées par zh, ch, sh et ri en pinyin), mais ils ajoutent souvent le -er final ─ communément utilisé comme diminutif ─ à des mots que d’autres locuteurs laisseraient tel quel. Ce trait dialectal est nommé 兒音/儿音 éryīn, « prononciation avec -er ». Il existe également de nombreux éléments lexicaux largement attestés dans la zone pékinoise mais fort rares ailleurs. En plus de toutes ces différences, comme c’est le cas pour les langues occidentales, il y a plus d’un accent propre à Pékin, dépendant du niveau social, d’éducation, etc.

Ces quelques exceptions mises à part, la prononciation locale des natifs de Pékin se conforme généralement très bien à la prononciation standard. En général, les prononciations locales des natifs d’autres aires du mandarin se différencient d’autant plus qu’elles sont éloignées de la capitale. Les personnes qui vivent à Tianjing ont aussi une prononciation assez standard. Les personnes qui vivent dans le nord-est de la Chine transforment couramment les syllabes commencant par ce que le pinyin note j en syllabes commençant par g ou k (conformément à l’étymologie, du reste) et ont des difficultés à prononcer les sons commencant par r. Les personnes qui vivent dans les aires plus au sud transforment souvent les consonnes rétroflexes du mandarin standard : zh devient z, ch devient c, sh devient s et r se prononcent plutôt comme z. Cette remarque est également vraie pour le mandarin parlé à Taiwan. Dans certaines régions les locuteurs ne font pas la distinction entre l et n (principalement quand ils ont le cantonais comme langue maternelle), et dans d’autres la finale vélaire ng est changée en n.

De plus, la langue enseignée emploie de nombreux tons légers (une absence de tonème qui rend la syllabe moins distincte ; cf. Prononciation du mandarin) pour les secondes syllabes des mots composés (consulter Sinogramme), alors que dans de nombreuses régions, en particulier au sud, le ton des deux syllabes est clairement marqué.

Variations grammaticales et lexicales

D’un point de vue officiel, il y a deux mandarins, puisque le gouvernement de Pékin se réfère à celui du continent comme étant le 普通話/普通话 pǔtōnghuà, « langue commune », alors que le gouvernement de Taipei nomme sa langue officielle 國語/国语 kuo-yü (en pinyin : guóyǔ), « langue nationale ». Officiellement, le pǔtōnghuà inclut les prononciations de plusieurs régions, alors que le kuo-yü est basé théoriquement sur les seuls phonèmes du mandarin de Pékin. La comparaison entre des dictionnaires des deux zones montre qu’il y a quelques différences substantielles. Cependant, les deux versions du mandarin scolaire sont assez souvent différentes du mandarin tel que réellement parlé, lequel subit l’influence de variations régionales.

De plus, toutes les variantes du mandarin ne sont pas directement mutuellement intelligibles. Pour être plus précis, selon SIL ([1]) :

« Les variétés du mandarin du plateau inférieur du Shaanxi ne sont pas directement intelligibles avec le putonghua. Les variétés du mandarin de Guilin et de Kunming sont fondamentalement inintelligibles aux locuteurs du putonghua. »
Cependant, les locuteurs éduqués vivant dans les villes du Sud-Ouest telles que Guilin et Kunming parlent un pǔtōnghuà assez correct en plus de leur langue maternelle.

Dans la Chine du Nord, au Sichuan, et dans d’autres aires où la langue du Nord est parlée, ce qu’on nommerait « variantes locales du mandarin » est en fait l’une des langues maternelles de locuteurs de ces zones. La période d’éducation de masse du mandarin n’a pas effacé ces différences régionales antérieures. Dans le Sud, l’interaction entre le mandarin et les autres langues chinoises ont créé des versions locales de la langue du Nord, qui sont assez différentes du mandarin officiel standard tant pour la prononciation que pour la grammaire. Par exemple, le mandarin parlé à Taiwan par les étudiants qui parlent taïwanais (un dialecte de min du sud) ou hakka comme langue maternelle est généralement parlé avec une grammaire et un accent qui le rendent différent du kuo-yü standard, donnant naissance à une version du mandarin communément nommée mandarin de Taiwan.

Bien que le mandarin soit considéré comme le dialecte standard, parler le mandarin sans accent local ou parler le mandarin à la place du dialecte local peut faire passer le locuteurs pour un étranger ou quelqu’un d’anormal. C’est pour cette raison que la plupart des locuteurs, dirigeants politiques y compris, ne se force pas à parler le mandarin avec l’accent standard officiel.

Systèmes de transcription

Depuis que les premiers Occidentaux sont entrés en Chine et ont tenté d’apprendre le mandarin (ou, plutôt, de traduire la Bible dans une volonté d’évangélisation) est apparu le besoin d’une romanisation permettant de noter les caractères chinois. Depuis, de nombreux systèmes de transcription phonétique ont été proposés. Le premier à avoir été globalement accepté est le système dit Wade-Giles, nommé d’après ses inventeurs du XIXe siècle. Ce système est toujours utilisé aujourd’hui, mais pas en Chine continentale. Il se rencontre surtout dans des éditions anciennes de livres occidentaux, ainsi que pour un assez grand nombre de termes chinois lexicalisés dans les langues occidentales. L’École française d’Extrême-Orient a aussi utilisé un système nommé EFEO, maintenant caduc.

Au XXe siècle, les linguistes chinois ont proposé de nombreux systèmes de transcription. L’un d’eux propose même un nouvel alphabet syllabique, c’est le 注音符號/注音符号 zhǔyīnfúhào, « symboles phonétiques » (ou, de manière moins formelle, bopomofo). Le plus fructueux de ces systèmes est cependant le 漢語拼音/汉语拼音 hànyǔ pīnyīn, « méthode pour épeler phonétiquement le mandarin », plus souvent nommé pīnyīn, qui a été accepté comme système de transcription officiel pour la langue chinoise par la RPC en 1958 et ensuite par les Nations unies ainsi que par d’autres organisations internationales. Pendant les années 50, on a même pensé en Chine, sans succès, remplacer les caractères chinois par le pīnyīn. La chose n’est en effet pas faisable, à cause des nombreux cas d’homonymies dans la langue, homonymies dues à la structure syllabique particulière du mandarin.

On retrouve cette diversité de systèmes de transcription également à Taiwan. Le gouvernement central de Taiwan a en effet adopté le 通用拼音 tōngyòng pīnyīn en 2002 (variante du pīnyīn de RPC) tout en permettant aux gouvernements locaux de ne pas appliquer cette décision pour préférer leur propre système de romanisation. Le zhǔyīn est utilisé pour l’apprentissage de la prononciation des caractères et de la grammaire dans les écoles. Les efforts visant à remplacer ce système en faveur du pīnyīn ont été bloqués à cause, principalement, de désaccords sur le type de pīnyīn à utiliser en remplacement ainsi que de l’effort très important à fournir pour corriger tous les documents pédagogiques existant et re-former complètement le corps enseignant.

Parmi les autres systèmes de romanisation, on compte aussi :

  • le pīnyīn postal (dérivé du Wade-Giles) ;
  • la romanisation Yale ;
  • le gwoyeu romatzyh ;
  • le MPS II.

Prononciation

Le mandarin, à l’instar des autres langues chinoises, est une langue à tons (quatre) essentiellement monosyllabique (c’est-à-dire que l’unité morphématique, et non lexicale, est la syllabe). De plus, il se caractérise par un jeu d’oppositions entre les consonnes ne concernant pas la différence de voisement (comme en français, où [p] s’oppose à [b], [f] à [v], etc.) mais d’aspiration : b = [p] s’oppose à p = [], zh [ʈʐ] à ch [ʈʐʰ], etc. Il n’existe, outre les voyelles, que peu de phonèmes sonores (dont l’émission s’accompagne de vibrations de la glotte, comme [z] ou [g] en français). De fait, un Chinois aura du mal à différencier gâteau, catho et cadeau.

D’autre part, on note un nombre important de consonnes rétroflexes, c’est-à-dire prononcées avec la pointe de la langue remontant contre le palais dur et de consonnes palatales. De plus, il existe de nombreuses diphtongues ([ai], [wa], etc.) et triphtongues ([wai], yao [jaʊ], etc.). Certaines syllabes n’ont pas de voyelle mais une consonne vocalisée : si [s], [ʐ̩] (noter que le pīnyīn représente cette absence de voyelle par la lettre i après les consonnes qui ne peuvent être suivie du son [i]).

Enfin, la structure de la syllabe est très rigide : on ne peut obtenir qu’environ quatre cents syllabes différentes (sans compter les tons), aucune syllabe ne peut commencer par le phonème ng [ŋ] ou par deux consonnes (ps [ps] comme kh [kx] sont impossibles), toute syllabe soit se terminer par une voyelle, n [n] ou ng [ŋ], certaines suites de phonèmes sont interdites ([fi], [to] ou [nwɑŋ] ne sont pas permis), etc.

Adaptation des mots étrangers

Le chinois ayant peu de possibilités quant aux syllabes possibles, les locuteurs du mandarin ont de grandes difficultés à prononcer les mots d’autres langues, d’autant plus quand ils sont riches en suites de consonnes (fréquentes dans les langues d’Europe) ; les syllabes qui ne se conforment pas au modèle du mandarin ne peuvent de plus pas être directement écrites en caractères chinois. Il existe donc un système officiel permettant de représenter les emprunts lexicaux en utilisant des caractères chinois, qui donne cependant parfois d’étranges résultats. Il fonctionne selon deux extrêmes : soit le mot est traduit ou calqué lexème par lexème, c’est-à-dire sémantiquement, soit il est transcrit phonétiquement au moyen de caractères choisis avec soin (dont le sens ne doit cependant pas être trop éloigné du contexte ou bien dont les connotations soient positives quand il s’agit d’un nom propre). Il existe aussi une série de caractères dénués de sens réel qui ne servent qu’à la transcription (à l’origine, celle de termes sanskrits propres au bouddhisme, fréquents en moyen chinois). L’article Sinogramme détaille aussi cette question. En outre, beaucoup de mots adaptés à l’origine en cantonais ont été ensuite adaptés tels quels en mandarin, en conservant les caractères, mais en s’éloignant considérablement phonétiquement.

Un exemple : le mot téléphone a été transcrit par delüfeng dans les années 20, mais a plus tard été changé en une forme purement chinoise, 電話/电话 diànhuà, « parole électrique ». Le mot pour microphone, cependant, est resté 麥克風/麦克风 màikèfēng qui, caractère à caractère, n’a aucun sens (soit « blé », « gramme », « vent »). Noter que la traduction imagée 話筒/话筒 huàtǒng, « tube de parole », a tendance à remplacer la transcription purement phonétique. En raison de la proximité entre le chinois écrit et les kanji japonais, le mandarin a emprunté de nombreux mots japonais tirés de mots européens adoptés à la fin du XIXe siècle et au début du XXe.

Certains noms propres étrangers sont eux directement utilisés comme substantifs : “MTV”, la chaîne musicale américaine, signifie “vidéoclip” dans le langage parlé, de même que “mp3″ signifiant “lecteur mp3″.

Cette méthode d’incorporation des mots étrangers au lexique chinois n’étant pas pratique, il est plus aisé pour les Chinois de créer des néologismes que d’emprunter directement des mots étrangers. Ces néologismes sont généralement polysyllabiques. Souvent, une des syllabes indique le thème général du mot composé, procédé qui rappelle la manière dont de nombreux mots chinois sont eux-mêmes composés. Par exemple, le mot pour « train », 火車/火车 huǒchē, signifie littéralement « véhicule (fonctionnant avec le) feu ». Le vocabulaire scientifique, lui, tend à inséminer les morphèmes grecs et latins dans les mots chinois, qui épousent – dans une certaine mesure- les terminologies occidentales. De nombreux mots très spécialisés sont utilisés dans leur version originale.

Emprunts français

Le français a emprunté relativement peu de mots au mandarin ou aux autres langues chinoises. Notons cependant les mots litchi, ginseng (littéralement « plante-homme »), mah-jong (« je gagne »), et kaolin. Ce dernier mot vient de deux mots chinois signifiant « colline élevée », d’après l’endroit où l’on entrayait la roche.

D’autres mots gardent une forte ressemblance mais ont évolué légèrement avec les langues des peuples qui les ont apportés en France, comme badiane (bajiu, par le persan), tofu (doufu, par le japonais) ou soja (shiyu, également par l’intermédiaire du japonais) ou encore ketchup (koechiap, dans le dialecte d’Amoy par le malais et l’anglais).

Đăng trong J'aime la Chine | 1 Comment »